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1er mai 2015 : Ensemble contre le racisme et les idées d'extrême droite

Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, 29 ans, profitait d’une journée ensoleillée. Il ne savait pas que des mains criminelles allaient le précipiter dans la Seine et mettre fin à ses jours. Les auteurs de ce crime venaient de quitter le défilé du Front national. Oui, le racisme tue et continue de tuer : il a tué le 19 mars 2012 des enfants dans une école juive à Toulouse, il a tué 4 personnes le 9 janvier dernier, dans une épicerie casher de la porte de Vincennes. N'oublions pas non plus Clément Méric jeune militant antifasciste, assassiné le 5 juin 2013 qui a payé de sa vie son combat contre la haine de l’extrême-droite

20 ans après l'assassinat de Brahim, les discours de stigmatisation, de discrimination  ont fait tache d’huile, un vent mauvais souffle sur la France. On assiste à une montée sans précédent de toutes les formes de racisme et du rejet de l'Autre parce différent. Les vieux démons réapparaissent : comme dans les années 30, l’étranger, le Juif, le Rom, le Musulman - ou supposé tel - ou encore le sans papier, sont les « boucs émissaires » auxquels est attribuée la responsabilité de tous les maux et de toutes les injustices de la société, qu’ils sont pourtant parmi les premiers à subir. Dans le même temps on assiste à une montée de l'homophobie et à une remise en cause réactionnaire des droits  des  femmes.

Avec 8 élus au premier tour, arrivé en tête dans 43 départements, présent au second tour dans plus de la moitié des cantons, les scores du Front National aux dernières élections constituent une menace pour la démocratie.

Profitant du désarroi d'une partie de plus en plus grande de la population, en France comme dans l’ensemble de l’Europe,  l’extrême droite tente de faire oublier l’inadéquation et la dangerosité de son « projet ». On veut nous faire croire que Marine ce n'est pas Jean Marie, c'est vrai, elle a elle, comme objectif la conquête du pouvoir, il lui faut pour cela un discours qui se veut   rassurant, mais le loup a beau s'enduire de farine pour montrer patte blanche, il n'en reste pas moins un loup. Dans sa course au pouvoir, elle tente de présenter son parti comme un parti fréquentable, pour les départementales, le FN promettait des candidats irréprochables. Mais derrière le masque, la vraie nature de ce parti reste la même : raciste, xénophobe et homophobe. En témoignent les propos tenus par plusieurs candidats sur les réseaux sociaux.

De  « après les battues contre les loups, les sangliers »  il faudrait « des battues contre les Arabes » ce qui permettrait peut-être de « sauver la France » au mariage homosexuel comparé à « la pédophilie ou la zoophilie » la liste est longue des propos qui révèlent la vraie nature de ce parti.

Les barrières séparant l'extrême droite de la droite républicaine ont sauté.  Des alliances entre le FN et l'UMP ont vu le jour en dépit des annonces de leurs directions nationales, poursuivant la banalisation d’un parti qui n'a rien de républicain.

Mais l’extrême droite n’est pas seule en cause. Les préjugés xénophobes et racistes continuent d’imprégner le discours politique français, bien au-delà des partis qui en ont fait leur honteux fonds de commerce.

Lorsque des responsables gouvernementaux vont jusqu’à tenir  des propos stigmatisants qui ne peuvent être perçus que comme une justification d’un rejet par nature raciste,  comment s’étonner de la banalisation du racisme et de la recrudescence des actes racistes  qui en découlent au quotidien ?

 En refusant de traiter les Rroms en citoyens européens à part entière qu’ils sont, la France prolonge la persécution séculaire et les préjugés dont ils sont victimes, la discrimination frappant les Rroms jusque dans la mort. Le refus d'inhumation de la petite Maria Francesca dans la commune de Champlan a été une  horreur mais c'est parce qu'une politique d'État expulse les enfants vivants et leurs familles, que les plus extrémistes se sentent libres de rejeter les Roms jusque dans la mort.

Quand les droits des migrants sont sans cesse remis en cause, au mépris des engagements internationaux de la France. Quand le droit de vote pour les résidents non communautaires, pourtant promis par le candidat François Hollande a été « oublié ».  Quand en France, les expulsions d’étrangers n’ont jamais été aussi nombreuses, quand les contrôles au faciès perdurent, quand les Rroms sont violemment expulsés de bidonville en bidonville, quand des responsables gouvernementaux parlent « d'ennemis de l'intérieur », quand la persistance des discriminations minent le vivre ensemble,  comment s’étonner de la banalisation du racisme ? 

Enfin, comment ne pas penser cette Europe de la honte qui fait de la Méditerranée le cimetière de milliers d'hommes, de femmes, d'enfants, victimes de trafiquants sans scrupules mais aussi  de cette Europe forteresse qui conduit à ces insoutenables tragédies des naufrages méditerranéens dont l'ampleur rejoint celle de l'Océan Indien. Ne sont-ils pas victimes de cet » empire de la honte » dont parlait Jean Ziegler ?

 

A côtés  de discours et de politiques inacceptables,  ce sont aussi les inégalités sociales qui bafouent les valeurs de la République et créent un terreau favorable à la montée du rejet raciste de « l’autre ». Les thèses d'exclusions du FN rassemblent une partie de son électorat, mais le désarroi social, le sentiment d'abandon de larges secteurs urbains et ruraux expliquent aussi un vote vécu comme protestataire.  N'oublions pas que ce qui fait le pourcentage élevé du FN, ce sont les abstentions et ce n'est pas un hasard si la Seine St Denis arrive en tête des abstentions. Les politiques interchangeables menées par les gouvernements successifs, de droite comme celle de la majorité PS, portent une écrasante responsabilité dans cette la montée de l'extrême-droite, sans parler des médias qui offrent un tapis rouge à MarineLe Pen.

La solution n'est pas dans de futurs matins bruns, mais dans une mobilisation de tous pour faire reculer les problèmes sociaux, générateurs de souffrances, d’inégalités, de concurrence et de ghettoïsation. L'histoire nous a appris que le discours social de l'extrême-droite n'est qu'un leurre le temps d'une conquête du pouvoir, elle se retourne toujours contre les couches populaires dès qu'elle a pris le pouvoir. 

La situation est grave, elle nécessite une mobilisation de  tous les citoyens et citoyennes de France et d’Europe pour une véritable égalité des droits, seul moyen de faire reculer les idéologies de haine et de rejet propagées par les extrêmes droites. C'est à cette tâche que les antiracistes doivent s'atteler, il y a urgence !

Paris le 1er mai 2015, Pont du Carrousel

 

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