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2004, une année noire

Analyse du rapport de la CNCDH (*)

2004, une année noire

Le dernier rapport de la CNCDH, qui traite de la situation du racisme en France, vient consacrer et valider les inquiétudes et les analyses que le MRAP a portées sur la période 2003-2005.

Si le rapport de la CNCDH nous apprend que la France n'est pas un pays raciste, il n'en reste pas moins qu'il y a une très inquiétante effectivité du racisme. L'année 2004 a en effet été une année noire : le nombre total des faits racistes n'a jamais atteint une telle proportion depuis 1990, l'année la plus sombre en 14 ans. Sur l'ensemble des formes de racisme, il a progressé de 125% par rapport à 2003. La violence contre les personnes et les biens s'est considérablement accrue : on dénombre 47 blessés en 2004, ce qui est un chiffre jamais atteint (le plus étant 39 en 2002); les profanations de lieux de culte, juifs et musulmans confondus, ont été au nombre de 52 (contre 35 en 2003).

Fait inédit et révélateur de la propagation de la violence, on dénombre une recrudescence jamais atteinte des violences en milieu scolaire, soit 141 actes qui représentent 11% des actes de violences racistes, c'est-à-dire 17% d'augmentation par rapport à 2003.

Fait révélateur d'une baisse de la vigilance collective, on note une recrudescence du racisme et de l'antisémitisme provenant de l'extrême droite. En effet, les actes de racisme dus à l'extrême droite étaient en 2002 de 14%, 18% en 2003, et 29% en 2004.

Durant cette période, l'antisémitisme est resté une réalité tenace. Même si les actes d'antisémitisme sont inférieurs en nombre aux autres formes de racisme, on remarque cependant une multiplication par deux des actes antisémites en 2004 par rapport à 2003 (170 actes en 2004 contre 85 en 2003). Phénomène d'autant plus inquiétant que la gravité de ces actes est également en hausse : sur 96 agressions physiques, 48 concernaient des mineurs.

Situation qui confirme les alertes du MRAP relatives à la dynamique des racismes. Les actes de racisme autres qu'antisémites sont arrivés à un niveau jamais atteint : 443 faits recensés en 2004, soit une progression de 91% par rapport à 2003. On remarque également un durcissement de ce racisme avec 125 faits graves, soit une augmentation de 36% par rapport à 2003. Les violences atteignent en 2004 un niveau jamais égalé ces dix dernières années, et on saurait à ce titre passer sous silence la gravité de celle-ci : il y a eu en effet 15 blessés en 2004, contre 5 en 2003. Par ailleurs, les menaces et les actes d'intimidation ont explosé avec 318 actes en 2004 (dont 224 prenant pour cibles des Maghrébins), contre 108 en 2003. 62% de ces violences sont attribuées à l'extrême droite, ce qui est le chiffre le plus élevé depuis 1995.

Point d'appui utile et lueur d'espoir pour nos futurs défis, on remarque que malgré ces chiffres alarmants l'opinion publique est inquiète, mobilisée, et sensibilisée. En effet, selon le sondage de la CNCDH, il y a une réelle prise de conscience de la gravité de la situation. Le racisme se place au quatrième rang des préoccupations des Français en 2004 alors qu'il était au neuvième rang en 2003. Neuf personnes sur dix estiment que le racisme est une chose répandue.

Signe de la banalisation de la présence des immigrés en France, ce sondage consacre le refus des préjugés : de plus en plus de Français (une nette majorité) se dit indifférente à la présence en France d'immigrés et trouve que cette présence est un enrichissement. Cette acceptation s'accompagne d'une acceptation des droits, par exemple sur le droit de vote des immigrés : 51% des Français y sont favorables (+ 6% par rapport à 2003). Au moment où le gouvernement vient d'exclure du droit de vote aux élections à la chambre des métiers les étrangers extracommunautaires !.

Alors que les discriminations explosent, touchant à la fois des immigrés et des Français, alors que la Justice a prononcé seulement 20 condamnations en 2004 dans le domaine de l'emploi, les discriminations sont fortement rejetées : 68% des sondés estiment très grave le refus d'embauche d'un Noir (plus 2% par rapport à 2003), et 61% estiment très grave le refus d'embauche d'un Maghrébin (plus 6% par rapport à 2003). Concernant le logement, 60% des sondés estiment très grave le refus de louer un logement à un Noir (plus 4% par rapport à 2003), et 48%, soit 12% de moins, estiment très grave le refus de louer un logement à un Maghrébin.

Point important pour le mouvement antiraciste, l'opinion soutient les mesures de lutte contre le racisme : 67% des sondés pensent qu'une lutte vigoureuse est nécessaire (contre 59% en 2003). De plus, les sondés sont en attente d'une condamnation ferme par la justice, reprenant une revendication permanente de notre Mouvement : 54% estiment que les tribunaux ne sont pas assez sévères dans les cas de racisme. Cette demande de dureté est équivalente pour les dégradations de synagogues (67% des sondés pensent que l'on devrait sanctionner ces délits plus durement) et de mosquées (62% des sondés). 81% des sondés demandent une forte condamnation de l'insulte « sale juif » (22% de plus qu'en 2003), contre 67% seulement des sondés qui demandent une forte condamnation de l’ insulte « sale Aarabe » ( soit 14% de moins que dans le cas précédent mais marque une forte augmentation de 20% sur 2003). 42%, soit une progression de 9% par rapport à 2003, demandent des applications très fermes et un renforcement des lois punissant la propagande raciste; les sondés sont particulièrement exigeants concernant la propagande sur Internet : 89% des sondés demandent des actions plus fermes sur ce média. Réalité qui consacre l'analyse et la mobilisation du MRAP sur ce sujet.

Confirmation si besoin est de nos analyses (cf Congrès) sur cette forme nouvelle de racisme qu'est l'islamophobie qui prolonge le racisme anti-arabe. En effet, selon le sondage de la CNCDH, la perception de la religion musulmane s'est détériorée en 2004 : en réponse aux questions posées, 47% des sondés estiment que les musulmans français se considèrent avant tout comme des musulmans, et 57% considèrent que les musulmans constituent le groupe qui se tient le plus à part de la société française. La religion musulmane n'est perçue comme positive que par 22% des sondés (soit un recul de 8% par rapport à 2003). Ces données recoupent celles d'une étude officielle de l'International Helsinki Federation for Human Rights, qui regroupe 44 organisations non gouvernementales de défense des droits de l'Homme des pays de l'OSCE, qui a relevé une multiplication des insultes, des atteintes aux biens et des agressions physiques dont sont victimes les musulmans dans les onze pays passés en revue (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grèce, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, et Suède). Le rapport cible des « pics ponctuels » d'hostilité contre les musulmans, notamment « l'adoption de la loi sur le voile à l'école en France » ou encore « l'assassinat de Théo Van Gogh » aux Pays Bas. Le rapport précise que les médias et certains partis politiques se sentent désormais libres d'« exprimer clairement leur hostilité envers les musulmans » présentés le plus souvent comme des « corps étrangers » et « dangereux ».

Ces chiffres sont tout d’abord le résultat immédiat induit par la forme même des questions posées. Ces questions elles-mêmes n’échappent pas à l’air du temps et ne balaient pas la totalité du spectre du racisme ni tous ses niveaux d’expression. Ils doivent donc être pris comme des minimas et quelles que soient les insuffisances et l'absence manifeste d'outils d'évaluation statistique de toutes les formes de racisme, ils sont un instrument de mesures/thermomètre du racisme ? qui met le MRAP dans une posture particulière. Sa responsabilité reste engagée non seulement dans l'expression de la solidarité, le soutien, l'accompagnement des victimes de toutes les formes de racisme mais aussi dans la mise en mouvement d'actions collectives susceptibles de casser les processus économiques, sociaux, éducatifs, culturels, historiques et politiques qui participent au développement de cette plaie béante au flanc de notre démocratie qu'est le racisme.

(*) Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme

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