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Procès des policiers de Grasse : au-delà de l’incompréhensible réquisitoire du Procureur le MRAP exige avec force que Justice soit enfin rendue à la mémoire de Hakim AJIMI

Le MRAP estime incompréhensible et injustifiée la faiblesse des réquisitions prononcées contre les policiers responsables de la mort Hakim Ajimi, le 9 mai 2008 à Grasse.

La prison avec sursis apparaîtrait dérisoire en regard de la gravité des faits et ne peut qu’indigner la famille et les soutiens de Hakim AJIMI.

Comment le procureur a t’il pu proposer des peines aussi légères ?

Comment a t’il pu ignorer la dimension accablante du rapport relatant les faits et proposer des peines aussi incommensurablement disproportionnées à leur gravité ?

C’est en effet le rapport signé de Roger Beauvois, alors président de l’ancienne Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité, (CNDS) qui retient les termes « d’inhumanité » « d’usage de la force sans justification », « s’indigne » des conditions de transport du jeune homme vers le commissariat de police après son interpellation sur la voie publique et affirme que les policiers « se sont abstenus de prendre des mesures pour protéger la vie et la santé
de cette personne ».

La CNDS est précise concernant les conditions d’immobilisation : « l’immobilisation ne s’imposait pas » après que Hakim Ajimi « ait été menotté aux pieds et aux mains ». Elle considère qu’Hakim Ajimi ne pouvait plus alors « s’échapper ou être dangereux pour lui-même, les policiers ou des tiers ».

Le MRAP a été bouleversé par la barbarie dont a été victime Hakim Ajimi, telle qu’en attestent les avis et recommandations de la CNDS. Les conditions d’immobilisation et de transport d’Hakim Ajimi sont indignes d’un état démocratique.

Une décision de justice confirmant les réquisitions le serait aussi.

Elle serait d’autant plus incompréhensible que la France violerait de la sorte en toute impunité la condamnation dont elle a fait l’objet le 9 octobre 2007 par la Cour Européenne des Droit de l’Homme dans une affaire très semblable, la mort de Mohamed Ali SAOUD, intervenue à Toulon le 20 novembre 1998 lors d’une interpellation particulièrement difficile avec « une immobilisation qui est à l’origine de la mort par asphyxie de M. Saoud », à savoir ce qui est habituellement désigné sous le nom de  clé d’étranglement.

Le MRAP affirme toute sa solidarité à la famille d’Hakim Ajimi, doublement meurtrie par la mort de leur proche mais aussi ce mercredi 18 janvier 2012, par le laxisme indigne du réquisitoire prononcé, au regard des faits et de la jurisprudence de la CEDH.

Paris, 24 janvier 2012.

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