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Traitement des migrants d’Afrique du Nord : la France se couvre de honte

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Une soixantaine de migrants originaires de Tunisie, mais aussi de Libye, d’Egypte ou  d’Algérie, à peine arrivés en France, ont été arrêtés le 26 avril à Paris. Mis en garde à vue dans la capitale ainsi qu’à Pantin (Seine-Saint Denis), il leur est reproché de ne pas être munis de titres de séjour. Ce n’est pas l’accueil qu’ils espéraient de la part de la France, « pays des droits de l’homme ».

Plusieurs centaines d’autres migrants, majoritairement tunisiens, dorment en plein air dans un square situé à la bordure de Paris et Pantin. Parmi eux se trouvent des mineurs. qui au titre de de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant et de la loi françaises sur la protection de l’enfance devraient être spécialement protégés et pris en charge pour leur hébergement et leurs besoins primordiaux. Mais le manque de moyens financiers et humains,  l’insuffisance criante de structures d’accueil, particulièrement en région parisienne, rend ce droit de plus en plus inexistant.

Plusieurs dizaines d’immigrés tunisiens ont été à leur tour interpellés mercredi 27 avril au soir, au moment où un repas chaud était distribué à plusieurs dizaines de migrants par la Croix Rouge Porte de la Villette . Au même moment, à Marseille - où quelque deux cent migrants tunisiens avaient trouvé refuge dans un jardin proche de la gare Saint-Charles depuis plusieurs jours – quinze Tunisiens ont également interpellés et placés en garde à vue. L’objectif, pour ceux qui ne choisissent pas le retour « volontaire », est « la stricte application des lois et règlements de la République ».

Ainsi l’Etat ne fait rien pour ces migrants, venant d’une Afrique du Nord en plein bouleversement. Il se contente de les présenter à l’opinion publique comme une prétendue menace et de les placer en garde à vue « pour infraction à la législation », attendant du juge qu’il prononce des mesures d’éloignement du territoire français.

La mairie de Paris et plusieurs associations (telle qu’« Une Chorba pour tous »), face à l’inertie des services de l’Etat, s’y sont en partie substituées, débloquant des fonds ou contribuant à couvrir les besoins en nourriture de ces hommes, ces femmes et ces jeunes. Il convient aussi de souligner tout particulièrement la solidarité de la communauté tunisienne des environs, qui, le week-end dernier, a préparé un couscous géant pour les nouveaux arrivants.

Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi ont organisé, quant à eux, un sommet spécial, mardi 26 avril, centré exclusivement sur la situation des migrants tunisiens détenteurs de permis de séjour Schengen de six mois pour motif humanitaire, délivrés par l’Italie. Ces « sésame » auraient dû leur permettre de circuler librement parmi les vingt-cinq pays de l’espace de libre circulation Schengen. Mais La France y a mis le coup d’arrêt en arrêtant plusieurs heures à la frontière italienne de Vintimille, le dimanche 17 avril, un train à destination de Marseille, pour empêcher une cinquantaine de ressortissants tunisiens (accompagnés par quelques militants des droits de l’homme) de faire usage de leur  laissez-passer italien de six mois. Après une semaine de bras de fer entre les deux pays voisins, qui a mis froidement en évidence le manque flagrant de solidarité au sein de l’Union Européenne, le Sommet du 26 avril a débouché sur la demande commune à l’Union Européenne de réformer les accords de libre circulation Schengen, pour pouvoir les suspendre, tout en renforçant les contrôles aux frontières extérieures.

C’est donc prioritairement sous l’angle de la prétendue « menace migratoire » qu’ est aujourd’hui abordée dans le débat français la situation en Tunisie. Bien loin de « l’exode biblique » prophétisé par Silvio Berlusconi,

les quelque vingt-cinq mille Tunisiens débarqués à Lampedusa constituent un bien modeste mouvement migratoire, expression d’une double soif de liberté et de survie immédiate qui vaut pour toute l’Afrique du Nord. Une soif qui s’est d’abord traduite sur place par le mouvement pour la démocratie, les grèves et le sacrifice des victimes de la répression.

A l’heure où la  Tunisie accueille elle-même - à elle seule ! -  plus de 200.000 personnes ayant fui la Libye voisine, la France - comme l’Union Européenne - devrait arrêter de se couvrir de honte en pratiquant le repli frileux et la fermeture de ses frontières.

Le MRAP soutiendra toutes les initiatives de solidarité avec les migrants, et avec les populations de  la rive Sud de la Méditerranée.

Paris, 28 avril 2011

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