Aller au contenu. | Aller à la navigation


  Tout savoir sur le MRAP Communiqués officiels Activités locales Contact ENGLISH  
Outils personnels
Vous êtes ici : Accueil Qui sont les sans papiers ? ou le mythe du clandestin

Qui sont les sans papiers ? ou le mythe du clandestin

La révélation de la situation administrative de Stéphane TIKI a certes fait l’effet d’un « pavé dans la mare » de l’UMP, selon la formule chère au Canard Enchaîné. Mais elle éclaire aussi la situation de ceux qu’on appelle souvent – et pas seulement dans les médias – les « sans papiers », voire les « clandestins ». Le Code de l’entrée et du séjour est appliqué avec toujours plus de délais et de vérifications et une suspicion systématique de fraude : dans les préfectures, Ubu est bien vivant. Clandestin, cette figure de la Génération Sarkozy, de la Droite forte, président des Jeunes UMP, choyé des médias, familier depuis des années des plateaux télé ? Certes non. Mais sans papiers, il semble bien que oui, malgré un vague déni. Comment cet homme politique a pu se trouver piégé ainsi, comme tant d’autres qui le vivent dans l’anonymat ?

Si l’on essayait d’y voir clair ?

 

Il est entré en France en 2005, en toute légalité, comme étudiant. Ce visa étudiant lui donne le droit de travailler dans les limites annuelles de 60% d’un temps plein, il lui est renouvelé jusqu’en 2011, terme de ses études de Gestion et économie à Paris Sorbonne.

 

Et après ? Quelles démarches a-t-il entreprises ? Il affirme avoir déposé à la préfecture une demande de naturalisation : la date est incertaine, en 2009 ou à l’issue de ses études ? Plus de 3 ans, peut-être 5 ans, après, n’a-t-il obtenu aucune réponse, comme il l’affirme, ou a-t-il reçu un refus ou un ajournement ? Là aussi, les versions divergent. Son avocat aurait relancé la préfecture en 2014.

 

On comprend ce choix de la naturalisation pour un passionné de politique qui rêvait d’être un élu, mais qui, chantre de la Droite Forte, s’est déclaré un adversaire acharné du droit de vote et d’éligibilité des étrangers non communautaires, même pour les élections locales, comme des régularisations.

 

Il remplit les critères d’une naturalisation : parfaite maîtrise du français, diplôme universitaire, liens personnels avec la France : un frère de nationalité française, son engagement associatif à l’université, politique à l’UMP. Mais, si la demande a bien été faite avant 2011, il était encore étudiant : pour les préfectures, le critère essentiel c’est « l’intégration » économique, bref un temps plein en CDI de préférence, ce que ne lui permettait pas son statut étudiant. La seule certitude, c’est qu’aujourd’hui il n’a pas la nationalité française. Comme il n’a pas fait de demande de titre de séjour, il est un « sans papiers ».


Que pouvait-il faire ?

 

L’étudiant lambda a la possibilité de demander une autorisation provisoire de séjour pour chercher et exercer un emploi, pendant un an après son diplôme de master 2. Pour obtenir un autre statut, il doit soit créer son entreprise, soit obtenir un contrat de travail, à temps plein. Son activité doit être en stricte adéquation avec le diplôme obtenu et le salaire au moins égal à 1,5 SMIC. Conditions difficiles à réunir ! Et il faut faire la demande impérativement 4 mois avant la fin du titre de séjour, ce qu’ignore la plupart des étudiants. Alors seul choix, rentrer au pays ou rester ?


Le MRAP demande la régularisation de toutes ces personnes dont la vie est en France : comme ces milliers de déboutés du droit d’asile, Africains, Tchétchènes, Syriens, Soudanais… qui ont franchi la Méditerranée au péril de leur vie parfois, (80% des demandeurs d’asile essuient un refus au terme de la procédure) ; comme ces centaines d’hommes et femmes dont la situation personnelle et affective a changé (mariage, divorce, perte d’emploi) ; comme ces étudiants qui sont devenus bien malgré eux des « sans papiers », réduits à travailler dans l’illégalité, tout comme Stéphane Tiki.


Le MRAP soutiendra aussi sa demande de régularisation s’il en fait une, mais n’est pas inquiet. Ça devrait assez vite s’arranger. Il court peu de risques d’être reconduit à la frontière, au contraire des personnes qui viennent à ses permanences d’accueil dans toute la France.


Michèle Fougeron

Membre du Bureau exécutif du MRAP.

Actions sur le document
Activités locales
vie-cl.jpg
carte-cl.jpg

liste-cl.jpg

« Juin 2017 »
Juin
LuMaMeJeVeSaDi
1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930
Adhérez au MRAP

carte-adherent-portlet.jpg

Adhérez au MRAP

Différences
MRAP_DIFFERENCES_286-vignette.jpg
N° 286

Voir le sommaire


MRAP_DIFFERENCES_285-vignette.jpg
N°285

Voir le sommaire

Archives Différences

MRAP_DIFFERENCES_284-vignette.jpg
N°284

Archives

Mumia Abu-Jamal
Affiche-Mumia-Abu-Jamal.jpg
Vidéos

daylimotion.png

Canal vidéo du MRAP national

youtube.png

Canal vidéo de la Fédération des Landes

Si le canal vidéo de votre comité local ne s'affiche pas ici, contactez le siège du MRAP pour que nous insérons un lien ici